Complémentaire santé dans la fonction publique : ce que la réforme change pour vous

Depuis la réforme de 2022-2026, les employeurs publics participent obligatoirement au financement de la complémentaire santé de leurs agents, selon un calendrier distinct par versant. La prise en charge est fixée à 50 % de la cotisation de référence pour la fonction publique d’État depuis janvier 2025 ; les versants territorial et hospitalier suivent des […]

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Rédigé par Jérôme Atlan Sociologue spécialisé en accès aux soins
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Agent de la fonction publique consultant des documents de protection sociale à son bureau
La réforme 2022-2026 instaure une participation obligatoire des employeurs publics au financement de la complémentaire santé de leurs agents.
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Depuis la réforme de 2022-2026, les employeurs publics participent obligatoirement au financement de la complémentaire santé de leurs agents, selon un calendrier distinct par versant. La prise en charge est fixée à 50 % de la cotisation de référence pour la fonction publique d’État depuis janvier 2025 ; les versants territorial et hospitalier suivent des calendriers propres. La prévoyance (incapacité, invalidité, décès) reste un volet distinct, négocié séparément.

La complémentaire santé dans la fonction publique a longtemps relevé d’une démarche entièrement individuelle, sans participation garantie de l’employeur. La loi n° 2021-1836 a changé cette logique en imposant aux administrations une contribution obligatoire, sur le modèle de ce qui existe dans le secteur privé depuis 2016. Le déploiement suit cependant des rythmes différents selon que l’agent dépend de l’État, d’une collectivité territoriale ou d’un établissement hospitalier, et ces différences ont des conséquences concrètes sur la couverture disponible et les démarches à engager. Pour un panorama complet des droits des fonctionnaires en matière de protection complémentaire, la complémentaire santé des fonctionnaires est l’article de référence du site sur ce cluster.

  1. Réforme 2025-2026 : ce qui change pour les agents publics
  2. Les trois versants de la fonction publique : FPE, FPT, FPH
  3. Prise en charge employeur et cotisation de l’agent
  4. Comment adhérer à la complémentaire santé de votre administration

Réforme 2025-2026 : ce qui change pour les agents publics

Avant 2022, aucun texte n’obligeait les employeurs publics à contribuer financièrement à la couverture santé complémentaire de leurs agents. Chaque fonctionnaire devait souscrire individuellement un contrat et en assumer seul le coût. La loi n° 2021-1836 du 28 décembre 2021 a mis fin à cette asymétrie avec le secteur privé, où l’obligation de mutuelle d’entreprise est en vigueur depuis janvier 2016.

Le principe posé par la loi est simple : l’employeur public doit désormais participer au financement de la protection sociale complémentaire (PSC) de ses agents, à la fois pour la santé et pour la prévoyance. Mais la mise en oeuvre est progressive et se décline différemment selon le versant.

Pour la fonction publique d’État (FPE), le décret n° 2022-633 du 22 avril 2022 a fixé les modalités. La participation employeur à hauteur de 50 % de la cotisation de référence est effective depuis janvier 2025. Les agents de l’État bénéficient donc de cette prise en charge depuis le début de l’année.

Pour la fonction publique territoriale (FPT), la réforme passe par la négociation d’accords collectifs au niveau de chaque collectivité, avec une obligation de participation d’au moins 50 %. Le déploiement est en cours sur 2025-2026 selon les accords conclus localement.

Pour la fonction publique hospitalière (FPH), un accord de branche est en cours de négociation pour définir les modalités de la participation employeur. Le calendrier reste ouvert à ce stade, et les conditions définitives dépendent de l’issue des discussions entre les partenaires sociaux. Pour le sujet spécifique de la mutuelle obligatoire dans la fonction publique, les règles applicables sont détaillées article par article.

Les trois versants de la fonction publique : FPE, FPT, FPH

Les trois versants de la fonction publique n’obéissent pas aux mêmes règles de gouvernance, et cela se reflète directement dans le calendrier et les modalités de la réforme PSC. Un agent de l’État, un agent territorial et un agent hospitalier ne vivent pas la même situation en 2025.

Graphique comparant la prise en charge employeur selon les trois versants de la fonction publique en 2025-2026
Part employeur dans la cotisation de référence selon le versant (2025-2026). FPH : niveau à définir par accord de branche. Sources : décret n° 2022-633, Service-Public.fr F35900.

Fonction publique d’État : cadre national fixé par décret

La FPE dispose d’un cadre unifié : le décret n° 2022-633 s’applique à l’ensemble des ministères et établissements publics de l’État. L’adhésion se fait soit au contrat collectif négocié par le ministère ou l’établissement employeur, soit à un contrat labellisé, c’est-à-dire un contrat individuel répondant aux critères définis par décret et permettant de bénéficier de la participation employeur. Le niveau de prise en charge (50 % de la cotisation de référence) est identique pour tous les agents de ce versant, quelle que soit l’administration.

Fonction publique territoriale : des accords locaux déterminants

La FPT est organisée autour d’une multitude d’employeurs distincts (communes, départements, régions, établissements publics locaux). La réforme y prend la forme d’accords collectifs négociés au niveau de chaque collectivité ou établissement. La loi impose que la participation soit d’au moins 50 % de la cotisation de référence, mais certains employeurs territoriaux peuvent aller au-delà selon l’accord conclu. La diversité des situations est donc structurellement plus grande qu’en FPE.

Fonction publique hospitalière : négociation de branche en cours

La FPH est le versant où la situation est la moins stabilisée. Un accord de branche est en cours de négociation pour définir les modalités et le niveau de participation. Tant que cet accord n’est pas conclu, les agents hospitaliers ne bénéficient pas d’un cadre unifié comparable à celui de la FPE. Le calendrier définitif dépend de l’avancement des négociations entre les organisations syndicales et les représentants des employeurs hospitaliers, selon les données disponibles auprès de Service-Public.fr.

Prise en charge employeur et cotisation de l’agent

Le mécanisme de participation repose sur une notion centrale : la cotisation de référence. Il ne s’agit pas de la cotisation réelle payée par l’agent, mais d’un montant défini réglementairement (pour la FPE) ou par accord collectif (pour la FPT) qui sert de base de calcul à la participation employeur.

Pour la FPE, l’employeur prend en charge 50 % de cette cotisation de référence. Si la cotisation réelle du contrat choisi par l’agent (collectif ou labellisé) est supérieure à la cotisation de référence, la différence reste à la charge de l’agent. La participation de l’État porte donc sur le montant de référence, pas nécessairement sur la totalité de la prime.

Pour la FPT, le principe est identique : au moins 50 % de la cotisation de référence, le détail dépendant de l’accord collectif de la collectivité concernée. Pour connaître les clauses exactes applicables, notamment la distinction entre contrat collectif et contrat labellisé, les clauses essentielles d’un contrat mutuelle donnent les repères utiles pour comparer les options.

La prévoyance (incapacité de travail, invalidité, décès) est un volet distinct de la complémentaire santé. Elle fait l’objet de négociations séparées dans chaque versant et n’est pas couverte par le même dispositif. Les agents souhaitant connaître leur niveau de couverture prévoyance doivent se renseigner spécifiquement auprès de leur service RH, indépendamment de leur situation en matière de complémentaire santé.

Comment adhérer à la complémentaire santé de votre administration

La démarche d’adhésion dépend du type de contrat disponible dans l’administration employeur. Deux situations existent.

Adhérer au contrat collectif de l’employeur

De nombreuses administrations et collectivités ont négocié un contrat collectif avec un organisme (mutuelle ou assureur). L’agent est informé de l’existence de ce contrat par son service des ressources humaines (DRH ou service RH). L’adhésion se fait généralement sur formulaire, accompagné des pièces justificatives usuelles (attestation de droits Sécurité sociale, RIB). La participation employeur est automatiquement décomptée de la cotisation due.

Choisir un contrat labellisé

Quand l’agent préfère conserver son contrat individuel existant ou en choisir un autre, il peut opter pour un contrat labellisé : un contrat individuel qui répond aux critères définis par décret (niveau de garanties, conditions tarifaires). Dans ce cas, la participation employeur lui est versée sous forme de déduction sur sa cotisation ou de remboursement, selon les modalités précisées par l’administration.

Les agents dont les revenus sont inférieurs aux plafonds de ressources définis chaque année peuvent bénéficier de la complémentaire santé solidaire pour les agents publics (CSS). Ce dispositif n’est pas réservé aux personnes sans emploi : un agent public à faibles ressources peut y accéder, sous conditions. Les seuils de ressources sont révisables annuellement ; les conditions en vigueur sont disponibles sur Service-Public.fr.

Dans les deux cas (contrat collectif ou labellisé), le point d’entrée reste le service RH de l’administration. C’est là que les informations sur le contrat disponible, les délais d’adhésion et les documents à fournir sont centralisées. Le fonctionnement de la complémentaire santé obligatoire dans le secteur privé suit une logique comparable, et la comparaison peut être utile pour comprendre les droits et les marges de choix laissées à l’agent.

Complémentaire santé dans la fonction publique : comparaison par versant
Versant Obligation employeur Prise en charge employeur Calendrier
Fonction publique d’État (FPE) Oui, contrat collectif ou labellisé 50 % de la cotisation de référence Depuis janvier 2025
Fonction publique territoriale (FPT) Oui, accord collectif obligatoire Au moins 50 % (selon accord) Déploiement 2025-2026
Fonction publique hospitalière (FPH) Oui, accord de branche en cours À définir par accord Calendrier en cours de négociation

Sources : loi n° 2021-1836, décret n° 2022-633, accord FPT 2025, données en vigueur à la date de publication.

Questions fréquentes

La mutuelle est-elle obligatoire dans la fonction publique ?

Depuis la loi n° 2021-1836, l’employeur public est tenu de participer au financement de la complémentaire santé de ses agents. Cette obligation porte sur la contribution de l’employeur, pas sur l’adhésion de l’agent en tant que telle. En pratique, l’agent dispose d’un contrat collectif ou d’une liste de contrats labellisés pour lesquels il perçoit la participation employeur. L’adhésion reste une démarche volontaire, mais l’absence de couverture prive l’agent de la participation de son administration.

Quel est le montant de la prise en charge employeur pour la complémentaire santé dans la fonction publique ?

Pour la fonction publique d’État, la prise en charge est fixée à 50 % de la cotisation de référence depuis janvier 2025, conformément au décret n° 2022-633. Pour la fonction publique territoriale, la participation doit être d’au moins 50 % selon l’accord collectif conclu localement, et peut être supérieure. Pour la fonction publique hospitalière, le niveau de prise en charge n’est pas encore fixé : il sera défini à l’issue des négociations de branche en cours. La cotisation de référence, qui sert de base de calcul, est définie réglementairement ou par accord, elle n’est pas nécessairement égale à la cotisation réelle du contrat souscrit.

Comment adhérer à une complémentaire santé dans la fonction publique ?

La démarche passe par le service des ressources humaines de l’administration employeur, qui communique les informations sur le contrat collectif disponible ou la liste des contrats labellisés éligibles. L’agent choisit entre ces deux options et remplit un formulaire d’adhésion accompagné des pièces justificatives demandées. Les agents à faibles ressources peuvent également se renseigner sur leur éligibilité à la complémentaire santé solidaire (CSS), dont les conditions sont consultables sur la fiche Service-Public sur la complémentaire santé dans la fonction publique.

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À propos de l'auteur : Jérôme Atlan

Sociologue spécialisé en accès aux soins

Jérôme ATLAN a consacré plus d'une décennie à étudier comment les ménages français naviguent — ou échouent à naviguer — dans le système de protection sociale. Formé à la sociologie des organisations de santé, il a travaillé au contact d'associations d'usagers et de structures d'accompagnement social avant de se tourner vers la rédaction et la médiation documentaire. Il s'intéresse moins aux textes réglementaires en eux-mêmes qu'à ce qu'ils produisent dans la vie ordinaire : pourquoi un renoncement aux soins, comment une démarche administrative peut décourager même des assurés de bonne […]

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