Remboursement du kiné : ce que paie la Sécu, ce que couvre la mutuelle
La Sécurité sociale rembourse les séances de kiné prescrites par un médecin, à condition que le kinésithérapeute soit conventionné et que le parcours de soins soit respecté. Le taux de remboursement est de 60 % du tarif de base pour la plupart des assurés, et atteint 100 % en cas d’Affection de Longue Durée reconnue. […]
La Sécurité sociale rembourse les séances de kiné prescrites par un médecin, à condition que le kinésithérapeute soit conventionné et que le parcours de soins soit respecté. Le taux de remboursement est de 60 % du tarif de base pour la plupart des assurés, et atteint 100 % en cas d’Affection de Longue Durée reconnue. La mutuelle complète la part restant à la charge de l’assuré selon le niveau de garanties du contrat souscrit. Sans ordonnance médicale, aucun remboursement par la Sécurité sociale n’est possible, quel que soit le contrat de complémentaire santé.
Une ordonnance de kiné arrive souvent sans que le patient sache vraiment ce qu’il va payer. Le remboursement dépend de plusieurs paramètres qui s’articulent : le secteur d’exercice du praticien, la situation de l’assuré et la couverture complémentaire souscrite. Cet article décompose chacun de ces paramètres pour permettre d’anticiper le reste à charge réel avant la première séance.
- Ce que rembourse la Sécurité sociale pour une séance de kiné
- Ce que prend en charge la mutuelle selon le type de contrat
- Les démarches pour être remboursé : ordonnance, choix du praticien, tiers payant
Ce que rembourse la Sécurité sociale pour une séance de kiné
Le remboursement d’une séance de kinésithérapie par l’Assurance Maladie repose sur trois conditions cumulatives : une prescription médicale en bonne et due forme, un kinésithérapeute conventionné, et le respect du parcours de soins coordonnés. En dehors de ces conditions, le remboursement est soit réduit, soit inexistant.
La base de calcul : l’acte de masso-kinésithérapie (AMK)
L’Assurance Maladie calcule le remboursement à partir de l’acte de masso-kinésithérapie (AMK), dont la valeur unitaire est de 7,10 €, selon les barèmes Ameli en vigueur. Une séance courante correspond à une cotation d’environ 2,27 AMK, soit un tarif de base de 16,13 €. C’est sur cette base que s’applique le taux de remboursement de la Sécu, et non sur le montant effectivement facturé en cas de dépassements d’honoraires.
Pour les assurés en parcours de soins coordonnés chez un kinésithérapeute conventionné secteur 1, la Sécurité sociale rembourse 60 % de cette base, soit environ 9,68 €. Le ticket modérateur, c’est-à-dire les 40 % restants, soit environ 6,45 €, reste à la charge de l’assuré. Une franchise médicale de 0,50 € par acte s’applique en outre, plafonnée à 50 € par an, ce qui s’ajoute au reste à charge. Les taux de remboursement de la Sécurité sociale sont consultables sur Ameli pour chaque type d’acte.
Les patients reconnus en Affection de Longue Durée (ALD) bénéficient d’une prise en charge à 100 % du tarif de base pour les actes en rapport avec leur ALD : le ticket modérateur est alors supprimé. Cette exonération ne s’applique qu’aux actes médicalement rattachés à l’affection reconnue ; les séances de kiné sans lien avec l’ALD restent soumises aux conditions habituelles.
Tableau comparatif selon le secteur du kinésithérapeute
Le secteur d’exercice du praticien conditionne directement le montant final à régler. Pour mémoire, les taux de remboursement de la Sécurité sociale varient selon que le praticien exerce en secteur 1, en secteur 2 ou hors convention.
Un kinésithérapeute non conventionné est remboursé par la Sécu sur la base d’un tarif d’autorité très faible, sans rapport avec le tarif réellement pratiqué. La quasi-totalité des honoraires reste alors à la charge du patient, quelle que soit sa situation. Ce cas diffère du secteur 2 : le secteur 2 (ou OPTAM) permet des dépassements d’honoraires encadrés au-delà du tarif de base, mais le praticien reste conventionné et la base de remboursement Sécu s’applique normalement.
Ce que prend en charge la mutuelle selon le type de contrat
La complémentaire santé intervient sur ce que la Sécurité sociale laisse à la charge de l’assuré : le ticket modérateur (40 % du tarif de base), la franchise médicale (0,50 € par acte), et éventuellement les dépassements d’honoraires chez un praticien en secteur 2 ou non conventionné.
Contrats d’entrée de gamme
Les contrats les moins couvrants prennent en charge le ticket modérateur sur les actes conventionnés, ce qui ramène le reste à charge du patient proche de zéro pour les séances chez un kiné secteur 1. La franchise médicale peut ou non être couverte selon les conditions générales du contrat. Les dépassements d’honoraires ne sont généralement pas pris en charge à ce niveau de garantie.
Contrats avec garanties paramédicales renforcées
Les contrats proposant des garanties paramédicales étendues couvrent en plus une partie ou la totalité des dépassements d’honoraires chez les praticiens en secteur 2, et parfois une prise en charge partielle chez les praticiens non conventionnés. L’étendue de cette couverture varie selon les organismes et les contrats : aucune formulation universelle ne peut s’y substituer. Le comparatif des mutuelles santé UFC-Que Choisir permet de comparer les niveaux de prise en charge des soins paramédicaux entre contrats.
Pour les assurés en ALD, la complémentaire n’est pas sollicitée sur les actes pris en charge à 100 % par la Sécu : son rôle se concentre alors sur les séances sans rapport avec l’ALD ou sur les éventuels dépassements d’honoraires. Les contrats qui couvrent également le remboursement des soins para-médicaux par la mutuelle précisent en général leur périmètre dans les tableaux de garanties.
Les démarches pour être remboursé : ordonnance, choix du praticien, tiers payant
Le remboursement d’une séance de kiné suit une séquence précise. Chaque étape conditionne la suivante.
1. Obtenir la prescription médicale
Sans ordonnance d’un médecin (médecin traitant ou spécialiste dans le cadre du parcours de soins coordonnés), les séances de kinésithérapie ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie, selon les conditions de remboursement de la kinésithérapie selon Service-Public. L’ordonnance doit préciser la pathologie traitée et le nombre de séances prescrites.
2. Choisir un kinésithérapeute conventionné
La vérification du statut conventionnel du praticien est déterminante pour le niveau de remboursement. Ameli publie un annuaire des professionnels de santé permettant de vérifier si un kiné est conventionné et dans quel secteur il exerce. Choisir un praticien secteur 1 évite les dépassements d’honoraires et garantit le remboursement sur la base du tarif conventionnel.
3. Présenter la carte Vitale et activer le tiers payant
La présentation de la carte Vitale à chaque séance permet la transmission automatique des informations à l’Assurance Maladie. Le tiers payant, quand il est disponible au cabinet, évite l’avance de frais sur la part Sécurité sociale : le patient ne règle que sa quote-part (ticket modérateur, franchise, éventuels dépassements). La carte de mutuelle permet en outre d’activer le tiers payant complémentaire dans les cabinets équipés, supprimant ainsi toute avance de frais pour les montants couverts par le contrat.
4. Délai de remboursement
En dehors du tiers payant, le remboursement par l’Assurance Maladie intervient généralement dans un délai de quelques jours après réception des informations de facturation transmises par le praticien. La complémentaire santé procède ensuite au remboursement de sa quote-part, dans un délai variable selon les organismes.
En cas de difficulté avec le remboursement d’un acte (refus, délai anormal, désaccord sur le montant), le médiateur de l’Assurance Maladie peut être saisi via Ameli. Les associations d’usagers du système de santé, comme France Assos Santé, accompagnent également les assurés dans leurs démarches de recours. Pour les soins locomoteurs connexes, les règles de prise en charge des semelles orthopédiques et prise en charge et du remboursement du podologue obéissent à des conditions similaires, avec prescription médicale requise dans la plupart des cas.
| Type de kinésithérapeute | Base de remboursement Sécu | Taux Sécu (cas général) | Ticket modérateur à la charge de l’assuré | Dépassements d’honoraires possibles |
|---|---|---|---|---|
| Conventionné secteur 1 | 16,13 € (AMK 7,10 €) | 60 % | 40 % du tarif de base | Non |
| Conventionné secteur 2 (OPTAM) | Variable selon acte | 60 % | 40 % du tarif de base | Oui, encadrés |
| Non conventionné | Tarif libre | Remboursement symbolique (tarif d’autorité) | Quasi-totalité à la charge | Oui, sans plafond |
| Assuré en ALD (actes en lien avec l’ALD) | 16,13 € (AMK 7,10 €) | 100 % | 0 € | Non (actes en rapport avec l’ALD) |
Données Ameli en vigueur au 2026-07-20. AMK = acte de masso-kinésithérapie, valeur unitaire 7,10 €.
Questions fréquentes
Quel est le montant remboursé par la Sécurité sociale pour une séance de kiné ?
Pour une séance courante chez un kinésithérapeute conventionné secteur 1, la Sécurité sociale rembourse 60 % du tarif de base, soit environ 9,68 € sur une base de 16,13 €, selon les barèmes Ameli en vigueur. Une franchise médicale de 0,50 € par acte est déduite du remboursement, dans la limite de 50 € par an. Le reste, ticket modérateur et franchise, reste à la charge de l’assuré ou de sa mutuelle.
Les séances de kiné sont-elles remboursées à 100 % en cas d’ALD ?
Les actes de kinésithérapie médicalement rattachés à une Affection de Longue Durée (ALD) reconnue sont remboursés à 100 % du tarif de base par la Sécurité sociale : le ticket modérateur est supprimé pour ces actes. Cette exonération ne s’applique qu’aux séances en lien direct avec l’affection reconnue ; les séances pour d’autres motifs restent soumises aux conditions habituelles de remboursement. La liste des ALD et les conditions d’exonération sont consultables sur Ameli.
Comment obtenir le remboursement d’un kiné non conventionné ?
Un kinésithérapeute non conventionné est remboursé par l’Assurance Maladie sur la base d’un tarif d’autorité très faible, sans lien avec les honoraires réellement pratiqués. La quasi-totalité des frais reste donc à la charge du patient. Certains contrats de complémentaire santé prévoient une prise en charge partielle des honoraires hors convention, mais ces remboursements sont plafonnés et variables selon le contrat. Les conditions générales du contrat de mutuelle précisent le montant pris en charge dans ce cas.